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dimanche 30 octobre 2011

Peine d'amandes

En fin de journée, je suis retourné à l’hôtel pour poser quelques questions à Josie, la proprio de l’établissement. J’avais chargé des gars de mon équipe de le faire et cela n’avait rien donné. Elle n’avait rien vu, rien entendu. Me suis dit qu’il valait mieux plutôt deux fois qu’une et qu’avec un peu de chance, j’allais lui soutirer quelques informations.

— J’ai rien vu inspecteur, avec tout le monde qui passe, peux pas me souvenir de tout le monde.
— Laura, vous la connaissiez?
— Bien sûr, elle faisait deux à trois passes ici par nuit, parfois plus, parfois moins... vous savez, y a des choses qui demandent pas à se faire dans un plumard.
— Je vois... Et vous n’avez rien remarqué au sujet des gars qui sont montés avec elle cette nuit?
— Rien et pis moins j’en vois, mieux je me porte!
— Ouais, et si mes gars et moi, on ouvrait grands les yeux sur ce qui s’passe ici, hein?
— J’vous jure inspecteur, j’ai rien remarqué.

Je lui ai laissé ma carte et suis allé au bar d’en face. J’avais besoin d’un verre, l’image de Laura ne cessait de me hanter depuis le matin. C’était une chic fille et j’avais de la peine pour elle.

C’était un petit bar sympa, qui ne payait pas de mine de l’extérieur mais je m’y sentis bien. C’était la première fois que j’y mettais les pieds. D’habitude, quand je traînais dans le quartier, je buvais un verre dans un bistrot un peu plus loin, à l’angle de l’avenue.

J’ai commandé un whisky et posé quelques questions au patron. J’appris que Laura venait de temps en temps ici.

— Demandez au gars qui est au fond de la salle, ils causaient souvent ensemble.

Le type en question s’appelait Jimmy Jones, du moins, il se faisait appeler ainsi. Il venait quasiment tous les jours ici. Il passait son temps à écrire sur des feuilles volantes. Le patron me dit qu’il écrivait un roman ou un truc dans ce genre. Je m’assis en face de lui.

— Vous êtes flic?

Bon Dieu, je ne pensais pas que cela se voyait autant sur ma tronche.

— Vous savez pour Laura?
— Oui.

Et le type se mit à chialer. Il en pinçait vraiment pour elle. Il me dit qu’ils s’aimaient.

— Vous savez, j’écrivais sur elle, elle voulait que je la fasse belle dans mon roman. Mais elle était déjà belle, hein, n’est-ce pas inspecteur?

Je ne savais pas quoi répondre. Je suis sorti vite fait, j’avais envie de vomir et j’avais mal au crâne. J’entendais encore les derniers mots d’un passage qu’il m’avait lu.

« Le tendre de tes deux amandes vertes. »

****

Pour lire toute l'histoire de Café Négro, visitez son blog ou lisez-la directement sur Kaosopolis.

dimanche 20 février 2011

Hommage à Laurent Zavack

En hommage à Laurent Zavack, à la suite d'un post déjà ancien, Mauvaise nouvelle des étoiles, retravaillé pour la cause, la réapparition de Nicolas Ardbeg le héros d'In Vino Véritas, la nouvelle de Laurent Zavack.

####

Ange Staboulov m'a convoqué ce matin dans son bureau. Je me souvenais de Nicolas Ardbeg? Et bien figurez-vous, il s'est échappé de Kcavaz Tnerual.

Le grand chaman m'a balancé ça, comme il avait l'habitude, en donnant un petit coup sec sur la ligne pour tester la réaction du poisson.

J'ai fait comme de rien.

Il a continué:

— On l'avait à l'oeil pourtant. Mais pas assez faut croire. Il avait d'abord atterri à Saint Alban, à la demande de sa copine. Il picolait pas mal et entendait des voix. Y'en a eu une, plus vicieuse, plus maligne on ne sait pas, qui lui avait demandé de faire un carton dans le magasin où il travaillait. Alors il a tout raconté à la fille qui a tout de suite prévenu les flics. On ne peut se fier à personne, n'est-ce pas?
— Et pourquoi est-ce qu'il a été transféré ici ? Saint Alban est à plus de dix mille bornes non?
— Effectivement. Sa copine est du coin. C'est même la fille du directeur de Kcavaz Tnerual. Gwendoline Mitchell. Marrant non...
— Si on veut.

Ce Nicolas Ardbeg dans la nature, quelque chose me disait que c'était pas une très bonne nouvelle. A la mort de Da Silva, il m'avait envoyé une bafouille complètement délirante :

«  Je suis de tout coeur avec vous dans l'épreuve que vous traversez. Raoul, mon ami, m'a beaucoup parlé de vous. Il vous tenait en grande estime. Vous devez savoir qu'il ne s'est pas suicidé. Cela a sans doute à voir avec vos multiples recherches. Le grand Rimasky et la nommée Rose. Bien sûr, tout ceci doit rester entre nous.
Bien à vous. » — Nicolas

Comme d'habitude, Ange Staboulov avait joué au con avec mes nerfs:

— Enfin, rassurez-vous, il a été retrouvé. Il chialait comme un gosse à côté du cadavre d'une fille. Une camée. Une certaine Dounia Summers
— Il l'a...
— C'est ce que disent les flics.Lui se défend. Il accuse. Devinez qui?
— Charly Wang?

J'avais lâché ça sans réfléchir. Une évidence. Je m'étais souvenu de cette silhouette sombre sur le mur du White Swan et de cette inscription: À la mémoire de Dounia Summers.

— Putain vous délirez ?
— Je plaisantais.

J'avais montré mes talents de pêcheur.

— Ouais...notez, z'êtes pas tombé loin.
— Alors qui ?
Jimmy Jones

samedi 5 février 2011

Hommage à Zavack

Nicolas Ardberg rasait les murs de l’Inside City. Il portait la barbe longue depuis cinq mois déjà mais préférait garder son crâne dégarni: il le rasait tous les matins.
Ardberg devait passer au Cinéma Moon Palace, question de régler ses comptes avec Dounia. Il ne savait pas qu’elle pissait le sang depuis longtemps, qu’elle hantait tour à tour les projectionnistes qui tentaient d’y exercer leur métier, si on puis encore qualifier cette perte de temps ainsi.
C’est Jimmy Jones qui lui avait passé un coup de fil.
– Osti de chien sale, amène ton cul au QG, Wang te cherche, dit Jones.
– Qui? répond Ardberg.
Jones raccrocha avant qu’Ardberg n’obtienne de réponse.
Jones l’avait déjà convoqué dans des endroits glauques où plus personne ne voulait aller. Seul un taré comme Ardberg l’écoutait encore.
Ardberg, dont les vêtements n’étaient que loques depuis la révolution des perruques bleues, savait un peu ce qu’il allait faire en rendant visite à Dounia: il la sodomiserait avec une bouteille de Jack Daniels. Pour le reste, il improviserait.
Il fut surpris de ne trouver personne au cinéma. Seul un lapin en peluche traînait en bas de l’escalier qui menait à la première salle, là où les films de Bogart jouaient en boucle. Avant de poursuivre, il attrapa une barre de fer crochue, barre qui devait permettre au commis de la billetterie de bien verrouiller la porte avant de quitter. Visiblement, ce soir, le commis s’en battait les couilles.
Ardberg écorchait les murs avec la barre, produisant de belles étincelles, ce qui lui fit penser à la foire ambulante qui s’arrêtait dans son village, Kaosopolis-Sud, durant l’été. Le cri continue qui en résultait se répercutait entre les murs du couloir, lequel menait au sous-sol.
Dans l’obscurité, Ardberg ne sut pas reconnaître les traces de sang qui arpentaient le sol. Il crut simplement à un dégât quelconque. Plus il s’enfonçait dans l’obscurité, plus il sentait une présence étrange, mais familière. Le point de fuite du corridor ne lui offrait rien de reconnaissable, seulement des ombres grises sur un fond noir.
Puis, il réussit à déceler une forme qui semblait accroupie, à califourchon. Au grincement de la barre de fer s’ajoutait un certain grognement, un grognement distant et lourd que seule une ouïe aiguisée savait entendre. La forme qu’Ardberg voyait au loin se précisait. C’était un homme, ou une femme. Ses vêtements étaient clairs. Plus il s’approchait, plus ses vêtements semblaient pâles, sans éclat.
Le grognement si faible grossissait en intensité. Il semblait maintenant que la silhouette n’était pas seule. Ardberg voyait les jambes d’une autre personne, la silhouette étant accroupie entre ces jambes. Ardberg ralentit et tenta de percer l’obscurité mais n’y parvint pas. Puis, il se mit en angle, à quarante-cinq degrés, pour mieux voir cette deuxième silhouette. De par sa poitrine généreuse, Ardberg déduisit qu’il s’agissait d’une femme.
Arrivé à moins de dix mètres, la scène était plus claire. Un homme était accroupie entre les jambes d’une femme et émettait des râles à mi-chemin entre le rut et l’effort sportif. Ardberg, dont la curiosité n’avait d’égal que son goût naturel pour le sordide, s’approcha sans faire de bruit pour mieux apprécier cette scène. Mais ce qu’il vit par la suite le surpris, puis le dégoûta. L’homme fouillait le ventre de la femme avec sa bouche. Il regarda Ardberg, la bouche ensanglantée, ses yeux bridés étaient révulsés vers l’intérieur de son crâne. Il souriait.
C’était Wang.
La femme, qui n’en était pas une, souriait aussi, les yeux grands ouverts, fixes, et dit à Ardberg. «Viens».
C’était Dounia.

vendredi 14 mai 2010

9. Le bunker

Pendant que la Reine nègre rage sur un divan pourri derrière le grand écran du Moon Palace, Olivia cherche à transpercer le paroi de la piscine avec son canif suisse. Transie jusqu'au bout des doigts, elle sent une pression sous ses aisselles et du même coup, son corps s'élève, elle voit ses pieds émerger de l'eau. Elle se secoue, relève la tête.

Boris la tient à bout de bras, l'air maussade.

- Je t'avais dit que c'était glissant.
- Faisait trop noir. J'ai pas vu la marche.
- Faut faire plus attention. Une chance que j'avais installé la piscine.

La piscine en plastique tient en équilibre sur deux bordures de ciment parallèles assez larges pour une personne. Dessous s'écoule un filet d'eau brumeuse qui serpente dans un canal où s'entassent les décombres de la 3e révolution.

Que sont devenus mes amis mercenaires, les vieux potes de l'inside city: Jimmy Jones, le paperback-poète et Charly Wang, représentant du premier arrondissement de N de Lay? À quoi rime cette mascarade? Pourquoi jouer la carte des civilisés? Il faut se replier, combattre, descendre dans les égouts, reprendre le contrôle du monde du Dessous, trouver une Dounia digne d'une 4e révolution et en finir une bonne fois pour toutes avec les faux-plaisirs anesthésiant du régime de Kao.

- Ça va, lapin? dit Olivia.
- Ça va, ça va.

Boris dépose Olivia sur le rebord. Il sort une couverture de son vieux sac d'armée, l'enroule autour de la fillette.

- Le bunker est tout près. Faut faire vite, avant que t'attrapes la crève.

Il la tire par la main. Elle rouspète, geigne un peu. Boris l'attrape, la hisse sur ses épaules, jette un regard à sa montre sous sa patte de poil détrempé. Il repère un écrous, le lance à bout de bras pour déterminer la profondeur de champ. L'écho strident leur revient, long et démultiplié. Ils s'enfoncent dans l'égout sans regarder en arrière.

Olivia grelotte; Boris tousse. Une odeur rance de pourriture leur remonte au nez. Les quelques filets de lumière qui se faufilaient entre le grillage de l'égout ne suffisent plus pour s'orienter dans la noirceur. Des yeux perçants clignotent ci et là, suivis de couinements, de grattements. Notre lapin sent des prédateurs qui rôdent.

- Attrape mon portable dans la poche de côté, Olivia.

Elle tâte.

- Brosse à dent, Gau-loi-ses, briquet, corde, pas de portable, mon lapin.
- L'autre poche. Ouvre-le vite! Ça grouille de partout.

Olivia ouvre le clapet du Ericsson TM 506 qu'elle a chipé le mois dernier à un vendeur de rue (une ruse parmi d'autre pour survivre à Kaosopolis où le portable est une denrée rare).

- Ça y est!

Comme des larves agglutinées les une aux autres dans le halo bleuté du portable, une famille de rats approche en sens inverse en crachant vers le lapin et sa gamine. L'écho d'une chute d'eau se mêle à la frayeur.

- On retourne à la caserne!
- C'est trop tard, ma puce. Il faut avancer.

Olivia s'agrippe au longues oreilles de Boris tout en serrant les cuisses autour de son cou.
Boris attrape un vieux roman de S-F ratatiné - Gun with occasional music de Letham - il soupire, fait la grimace et craque une allumette.

Le livre flamboyant pousse les rats dans un cul de sac - le canal se déverse dans le vide.
Boris fait le premier pas. La vermine se jette dans le canal, s'agrippe, remonte de l'autre côté et fait demi-tour.

À gauche de l'embouchure, Boris met la main sur une porte ovale métallique. Il dépose Olivia, insère sa main droite dans une fente; une lueur verte irradie, déchiffre les lignes de sa main. Un déclic sourd se fait entendre et ils pénètrent dans un premier compartiment formant antichambre et fortement défendu par une double porte.

Contre un mur, une pile d'ouvrages politiques et philosophiques grimpe jusqu'au plafond.

- Cette fois, on est dans le trou du lapin? dit Olivia.
- J'ai bien peur que oui.
- Comment on fait pour passer de l'autre côté?
- Il faut ouvrir la porte avec cette clé.

L'index de Boris pointe un objet doré qui dépasse la pile de livres du dessus.


###Pour l'histoire complète de Boris Platine, visitez son blogue ou lisez toute l'histoire sur Kaosopolis.

jeudi 22 avril 2010

Journal de Jimmy Jones - Jour 3

Le Ruth's Chris Steak House est un resto sympa. C'est là qu'après mon quart de jour je passe la plus grande partie de mes soirées à siroter des Kilkenny et à reluquer la faune de l'Inside City. Car il faut le dire, en matière de femmes, le quartier central de Kaosopolis n'est pas piqué des vers.

Femmes chaudes.

Hommes souls.

Parfait alliage de luxure et de fuite.

C'est là, surtout, que j'écris pour passer le temps. Nouvelles et récits pour oublier cette vie qui fut mienne:

La nuit tombait. J'étais assis dans un bar à N.D.Lay, près d'Ivory Boulevard. Un truc clinquant rempli de vieux hippies et de jeunes trous du cul cravatés. Je venais de terminer une lecture poétique dans un tout autre endroit rempli d'un tout autre genre de gens mais tout aussi trous du cul et cravatés. Le cirque habituel: le vieux Jimasky éructe son désespoir et son mal de vivre. Le barman s'est approché de moi. J'ai reconnu Joe Ghidetti. Un type que j'avais rencontré il y a une vingtaine d'années dans les bars de la Western Avenue.

— Ce vieux Jim, qu'il m'a dit, paraît que t'es venu montrer ton cul aux morveux de l'université.
— Le cirque habituel, j'ai répondu.
— Dis-moi Jim, tu dois connaître un tas de types bien placés à Vegas, hein vieux frère.

J'ai jamais été son vieux frère ni le vieux frère d'aucun connard de la Western Avenue.

— Laisse tomber Joe.

Il agrippa mon poignet de sa main poisseuse et approcha son visage du mien. Il dégoulinait de sueur.

— On sait ce que c'est, à Vegas, pas vrai. Copain et compagnie. Tout être humain a le droit à sa chance, pas vrai Jim? J'ai un numéro à t'montrer. Un numéro un peu spécial. Ça devrait leur plaire à Vegas.

Le mec me dégoûtait. Sa bouche sentait le vomi. Mais il avait raison: tout être humain a le droit à sa chance.

— Allez, déballe ta camelote, j'ai dit.
— Pas ici. Amène-toi chez moi, ce soir à 20h. C'est au bout d'la rue. Au-dessus du chinois. Y aura d'la bière et du whisky. Comme au bon vieux temps, n'est-ce pas vieux frère?

Je l'ai saisi au colbac et j'ai serré de toutes mes forces. Sa gueule de rata a commencé à virer au mauve.

— J'suis pas ton vieux frère connard.

J'ai laché la pression et lui ai adressé mon plus beau sourire.

— À 20h chez toi. Comme au bon vieux temps, hein Joe?

J'ai monté les escaliers à 20h tapantes. Qu'est-ce qui clochait chez moi? J'aurais pu finir la nuit avec une de ces pisseuses de l'université. Une soirée baise et littérature avec une fille de la haute. Elle m'aurait pompé le noeud. J'aurais déclamé quelques vers du grand Jeffers et raconter mon combat de boxe avec Hemingway. On aurait fini au plumard. Le vieux Léon Jimasky aurait trempé son poireau dans un jeune corps souple et bronzé, passé sa nuit à ramoner la chatte d'une étudiante férue de littérature. Je bandais comme un âne. Je frappai à la porte. Joe vint m'ouvrir. On aurait dit qu'il avait vu le Père Noël. Ça me calma aussi sec. Ce cinglé sautait sur place. Il gueulait:

— Nom de Dieu de bordel de merde, il est venu! Il est venu, nom de dieu, il est venu!

Derrière lui se tenait une fille brune d'environ 25 ans. Elle avait du noir autour des yeux et de long cheveux enserrés dans un bandeau violet.

Elle semblait avoir sa dose.

— Qui c'est ça, que je demande.
— Rien, une beatnik. Elle a un peu forcé sur la bibine, je crois.
— La bibine mon cul, j'ai répondu, elle est raide défoncée cette gamine.

Joe s'était approché de la fille. Il me regardait de ses yeux révulsés. Ce type était complètement dingue. Avant que j'aie pu faire un geste, il avait sorti un cutter et l'appuyait sur la gorge de la petite camée. Il continuait à me regarder.

— Pas vrai Léon qu'il vont aimer ça, à Vegas. Un happening, comme ils disent les morveux de l'université. J'vais égorger cette petite salope, là, devant toi, Jimasky. Une oeuvre d'art. Mieux qu'tes poèmes de merde, pas vrai?

L'ordure s'approchait de moi. Il avait fait une sale erreur. J'ai pivoté doucement sur le côté et j'ai pensé au vieil Hemingway. Je lui ai balancé un crochet du droit, juste au creux des reins. Il a lâché le cutter et la fille. J'l'ai terminé d'un uppercut du gauche. Joe Ghidetti s'est écroulé sur la moquette. J'ai poussé la fille vers la porte. Elle chialait.

Je suis resté un bon moment dans l'appartement. Joe avait tiré les rideaux et allumé quelques bougies. Sûr qu'il aurait fait un tabac. A North Beach ou à Greenwich Village. J'ai fini par sortir. La petite camée m'attendait en bas. Elle m'a souri. J'ai laissé tombé toute considération artistique. Je bandais à nouveau comme un âne.

Ce genre de récit, j'en ponds un par soir pas pour épater la galerie mais pour me sortir toute ces saloperies que j'ai subies à cause de Sam Fox, ce proxénète converti en homme respectable de la porno trash: bukake et autres cochonneries du genre, que Mélodie Nelson appréciait du temps de ses escapades d'escorte.

Le Ruth's Chris Steak House est un resto sympa. C'est là qu'après mon quart de jour je passe la plus grande partie de mes soirées à siroter des Kilkenny et à reluquer la faune de l'Inside City.

Et parfois, parfois, je pense à cette peinture de Lucien Schott et je chiale un bon coup.

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Pour lire toute l'histoire de Jimmy Jones, visitez son blog ou lisez-la directement sur Kaosopolis.

dimanche 18 avril 2010

N.D.Lay's Movies

C'est O'Flaherty qui a découvert le truc. Dans une pile de vieux Outsider tirés des archives papier de l'International Spy Foundation . Un rayon un peu désuet, consacré aux revues subversives particulièrement surveillées par le gouvernement fédéral.

L'irlandais, toujours au taquet sur la réputation de la maison a tenu à préciser:

- Attention, il ne s'agissait pas de travailler pour le gouvernement mais d'un projet interne strictement destiné à archiver les renseignements dans un but de conservation.

Je ne sais pas si le directeur du département de cryptologie est passé maître dans l'utilisation de la vaseline ou s'il peut être considéré comme le dernier des croyants.De toute façon, pour découvrir ce genre de pépite, je suis de toute façon prêt à avaler n'importe quelle saloperie de lubrifiant.

C'est une nouvelle écrite par Jimmy Jones dans un numéro dédié au maître de N.D.Lay. Un hommage. Un peu grossier mais bien ficelé. Je l'ai lu avec une certaine tendresse comme on regarde un vieux film en super huit .


La nuit tombait.

J'étais assis dans un bar à N.D.Lay , près d'illégal Boulevard. Un truc clinquant rempli de vieux hippies et de jeunes trous du cul cravatés.

Je venais de terminer une lecture poétique dans un tout autre endroit rempli d'un tout autre genre de gens mais tout aussi trous du cul et cravatés.

Le cirque habituel: le vieux Jimasky éructe son désespoir et son mal de vivre.

Le barman s'est approché de moi. J'ai reconnu Joe Ghidetti. Un type que j'avais rencontré il y a une vingtaine d'années dans les bars de la Western Avenue.


« Ce vieux Jim, qu'il m'a dit, paraît qu't'es venu montrer ton cul aux morveux de l'université.
- Le cirque habituel, j'ai répondu.
- Dis moi Jim, tu dois connaître un tas de types bien placés à Végas, hein vieux frère.
J'ai jamais été son vieux frère ni le vieux frère d'aucun connard de la Western Avenue.
« Laisse tomber Joe »
Il agrippa mon poignet de sa main poisseuse et approcha son visage du mien. Il dégoulinait de sueur.
« On sait c'que c'est, à Végas, pas vrai. Copain et compagnie. Tout être humain a l'droit à sa chance, pas vrai Jim ? J'ai un numéro à t'montrer. Un numéro un peu spécial. Ça devrait leur plaire à Végas»

Le mec me dégoûtait. Sa bouche sentait le vomi. Mais il avait raison : tout être humain a le droit à sa chance.

« Allez, déballe ta camelote, j'ai dit.
- Pas ici. Amène toi chez moi, ce soir à 8h. C'est au bout d'la rue. Au dessus du chinois. Y'aura d'la bière et du whisky. Comme au bon vieux temps, n'est-ce pas vieux frère ? »

Je l'ai saisi au colbac et j'ai serré de toutes mes forces. Sa gueule de rata commencé à virer au mauve.

« J'suis pas ton vieux frère connard ».

J'ai laché la pression et lui ai adressé mon plus beau sourire.

«A huit heure chez toi. Comme au bon vieux temps, hein Joe ? »

J'ai monté les escaliers à huit heures tapantes. Qu'est-ce qui clochait chez moi?

J'aurais pu finir la nuit avec une de ces pisseuses de l'université. Une soirée baise et littérature avec une fille de la haute. Elle m'aurait pompé le noeud. . J'aurais déclamé quelques vers du grand Jeffers et raconter mon combat de boxe avec Hemingway. On aurait fini au plumard. Le vieux Léon Jimasky aurait trempé son poireau dans un jeune corps souple et bronzé., passé sa nuit à ramoner la chatte d'une étudiante férue de littérature.

Je bandais comme un âne. Je frappai à la porte. Joe vint m' ouvrir. On aurait dit qu'il avait vu le père-noël. Ca me calma aussi sec. Ce cinglé sautait sur place. Il gueulait :


- «Nom de dieu de bordel de merde, il est venu ! il est venu, nom de dieu, il est venu ! ».

Derrière lui se tenait une fille brune d'environ vingt cinq ans. Elle avait du noir autour des yeux et de long cheveux enserrés dans un bandeau violet.
Elle semblait avoir sa dose
.

« Kicéça , que j'demande.
- Rien, une beatnik. Elle a un peu forcé sur la bibine, je crois.
- La bibine mon cul, j'ai répondu, elle est raide défoncée cette gamine.

Joe s'était approché de la fille. Il me regardait avec des yeux révulsés. Ce type était complètement dingue. Avant que j'ai pu faire un geste, il avait sorti un cutter et l'appuyait sur la gorge de la petite camée. Il continuait de me regarder.

« Pas vrai Léon qu'il vont aimer ça, à Végas. Un happening, comme ils disent les morveux de l'université. J'vais égorger cette petite salope, là, devant toi, Jimasky. Une oeuvre d'art. Mieux qu'tes poèmes de merde, pas vrai ?

L'ordure s'approchait de moi. Il avait fait une sale erreur. J' ai pivoté doucement sur le côté et j'ai pensé au vieil Hemingway. Je lui ai balancé un crochet du droit, juste au creux des reins. Il a lâché le cutter et la fille. J'l'ai terminé d'un uppercut du gauche. Joe Ghidetti s'est écroulé sur la moquette.

J'ai poussé la fille vers la porte. Elle chialait. Je suis resté un bon moment dans l'appartement. Joe avait tiré les rideaux. et allumé quelques bougies.

Sûr qu'il aurait fait un tabac. A North Beach ou à Greenwich village. J'ai fini par sortir. La petite camée m'attendait en bas. Elle m'a souri. J'ai laissé tombé toute considération artistique. Je bandais à nouveau comme un âne.

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Lire l'intégralité de l'histoire en cliquant sur N.D.Lay ou sur le blog Ma vie à N.D.Lay (journal de l'Ecrivain)

samedi 3 avril 2010

Zélig


Jimmy Jones
.
Il semble avoir perdu toute identité précise. Omnniprésent et incertain , c'est l'associé de Charly Wang.
Je l'ai rencontré il y a quelque temps, casque de chantier sur la tête, participant à une de ces nombreuses opérations de nettoyage qui s'attaquent aux murs et aux rues de l'Inside City. Il m'est apparu ainsi à plusieurs reprises dans les tenues les plus extravagantes. En blouse d'épicier, tenant la caisse du magasin d'alimentation qu'il a ouvert avec le propriétaire du White Swan , un peu plus tard, en tablier rouge bordeaux, prenant commandes au Ruth Steack house et un soir, à l'International Spy Foundation , en bleu de travail , venant jeter un coup d'oeil à la chaufferie. Il m' a tendu un laisser-passer signé de la main même d'Ange Staboulov. A quoi joue-t-il ? O'Flaherty m'a proposé son aide.

"Mon vieux, le grand manitou n'est pas clair dans l'histoire. Il va foutre la fondation dans la merde avec ses magouilles".
L'irlandais tient a l'honneur de la maison. Il a mis à ma disposition les archives numérisées du département de vidéosurveillance. Je passe mes journées à les éplucher, l'oeil rivé sur l'écran de mon vieux Toshiba, guettant l'apparition de la silhouette familière de celui que le responsable de la crypto surnomme désormais "le caméléon".


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jeudi 18 février 2010

What is the question ?


N.D.Lay est une mégalopole maniaque. Un nid d'excellence. Chacun y chasse la mouche dans le lait à grand coup de DDT. Cela donne aux résidents périphériques un goût amer mais un vernis irréprochable. "L'Inside City, c'est autre chose, vous verrez. C'est un bateau à la dérive" que m'avait dit Charly Wang à mon arrivée. Je n'avais pas saisi à l'époque à quel point il le regrettait. La grande lessive qu'il a entamé depuis qu'il a été élu conseiller d'arrondissement est une tentative pour reprendre la barre. Mais pour aller où ? Tout le monde ici se pose la question. Seul Jimmy Jones semble le suivre aveuglément.

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mercredi 3 février 2010

Journal de Jimmy Jones, jour 52


17h. je me précipite hors de la C3I pour m'adonner à quelques vices avant d'aller dormir 4-5 heures, juste assez pour être fonctionnel.

à quelques pâtés de maison le dark lolita me nargue pendant qu'au cinema moon palace un énième film de bogart joue en boucle.

je devrais passer rapidement mais l'odeur de pourriture m'attire comme une pute se précipite dans les bras de son mac je dévisage l'enseigne

clignotements cinglants qui m'appellent pour que j'y trinque ma paye, que les filles m'extirpent encore plus de cash, c'est Kaosopolis.

toujours une diversion toujours une partie de jambes frivoles toujours un liquide + ocre + dru + oriental. j'en enfile autant que je le peux

mais à force de m'entraîner à me défaire ainsi je m'endurcis il m'en faut de + en + pour me liquéfier au bar du dark lolita. jeanne me happe

elle veut que je lui paye un verre puis elle me déchirera les tympans en criant mon nom entre deux couinements, me promet-elle à l'oreille.

je connais bien les chambres du dark lolita. la dl-313 est ma préférée. pas de déco pas de meubles seulement un matelas par terre.

j'y viens toujours accompagné car je ne me fie pas au système aléatoire du dark lolita, système basé sur une séquence du cru de @l_ecrivain

j'appuie toujours sur A, donc, et j'y traîne ma traînasse (car c'en est) dans la dl-313 dont la thématique emprunte mon nom: jones-style.

les filles que j'y emmène veulent souvent m'en montrer, me signifier qu'elles sont pro, mais je n'accepte qu'un seul artifice: la perruque bleue.

donc jeanne qui s'effeuille je la regarde distraitement je la filme avec mon iphone je zoome sur le creux de ses reins je la texte en bleu.

je travel entre ses omoplates au-dessus des tissus restants je donne 1 coup de langue sur son lobe d'oreille gauche elle m'empoigne je verge

le iphone sur sa poitrine sa langue humecte mon mamelon droit sa perruque sent le synthétique le iphone se faufile entre ses cuisses

elle rit se levrette se cambre se dénude je m'arc-boute j'Eiffel j'enfile et toujours j'iphone en streaming à l'orée de son hédonisme.

mes vidéos aboutissent souvent en première partie des films de bogart quand rex réussit à me soudoyer. je suis un homme facile. je cède.

rex contrôle la salle de visionnement du cinema moon palace et on se repasse mes kinoïtes en mangeant du pop-corn sec.

ça bat à tout coup l'ennui morne & assuré que me procure mon travail répétitif & dénué d'imagination à la C3I. commis à l'écriture d'état.

heureusement les 3 révolutions m'ont assez ravagé pour que je ne sois pas reconnu peu importe la compagnie qui m'emploie. la célébrité tue.

mais rex savait y faire en terme de remaniement d'épiderme & j'avais été son cobaye lors de ses premières expériences. pour ma sécurité.

les 3 révolutions, boris platine pourrait nous en parler une mèche mais c'était l'entente que nous avions prise. le passé demeurerait enterré

et comme je ne parlais jamais des 3 révolutions malgré qu'on en célébrât l'échec retentissant chaque année je tabassais ma mémoire pour oublier

les femmes m'aident à enrayer ces années d'espoir naïf où l'on croyait pouvoir vaincre les robots de Nanopolis. c'eut été miraculeux.

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mercredi 27 janvier 2010

Le silence des mouches


D’abord un malaise, un inconfort. Puis une sourde évidence : quelque chose ne va pas. Ou plutôt les choses ne se produisent pas comme elles devraient se produire. Le bon sens voudrait qu’à ce moment précis, dans cette pièce, le corps de Dounia frétille de mouches pondeuses, pourrisse dans un festin de larves, s’évanouisse sous des escouades de diptères agrippés à ses moindres orifices, se décline en cinq services pour une horde de convives nécrophages.

Quatre jours depuis son assassinat.

Et pourtant, le corps inerte de Dounia est là, ferme, imputrescible, ses chairs desséchées lui donnent une texture de papier froissé. Un papier froissé... cette page arrachée du Journal de Jimmy Jones. Entre mes doigts, je lis:

(…) La toile représente une femme (ou un homme?), vu de dos des pieds aux épaules, allongé sur un tapis angora; son corps traverse la toile par la diagonale sud-ouest nord-est, le galbe de ces fesses ne permet pas de déterminer l'âge du modèle.

Ce tableau dont parle Jones, je crois me rappeler… un tableau dans un sale état, le cadre rongé par les rats, un foutu vieux tableau, une lacération sur le galbe des fesses. Putain de mémoire à deux balles, où est-ce que j’ai vu cette connerie de tableau?

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mardi 26 janvier 2010

Journal de Jimmy Jones, jour 2

— T'es nouveau toi ici, non?

Sa familiarité m'énerve, mais étant le petit nouveau, je n'en fais pas un plat. On s'intéresse à moi, c'est déjà pas mal.

C'est ainsi que j'ai rencontré la secrétaire obèse et malodorante en ce deuxième matin au coeur de la C3I. Nerveux, j'arbore un sourire timide qui signifie oui; mais il veut également dire en espérant qu'elle ne me colle pas au cul.

— En passant, moi c'est Jacinthe.
— Jones. Jimmy Jones.
— Bienvenue chez nous Jimmy.
— Merci.
— As-tu tout ce qu'il te faut? Stylo, portable, netbook? Tu me le dis s'il te manque quelque chose, OK?

Finalement, Jacinthe est aux petits soins. Ferait pas de mal à une mouche.

Mon bureau est au 7e étage. Cordé en rangée parfaite de trois cubicules et faisant face à autant d'espaces de travail, ergonomiquement ajusté, mon cubicule est le premier de la rangée, adjacent à la machine à café, l'imprimante et le mini-frigo de l'étage.

Moderne, le corridor dispose d'un énorme sofa pouvant accueillir au moins cinq personnes de taille moyenne. Cinq personnes normalement constituées ou trois Jacinthe. Une console Wii est mise à la disposition des employés qui y jouent quand bon leur semble.

Même le patron, Charlie Wang, vient y faire son tour et joue une excellente partie de Wii Sports, surtout le golf. C'est du moins ce que m'a raconté Jacinthe lorsque je suis allé luncher avec elle et les collègues, hier, au Ruth's Chris Steak House.

Au-dessus du sofa géant trône une peinture tout aussi gigantesque et étrange, une inquiétante toile d'un certain Lucien Schott, germanique ou peut-être celte d'origine, c'est du moins ce que révèle l'inscription à la droite de la toile. Naissance en 1941. Lieu de résidence inconnu.

La toile représente une femme (ou un homme?), vu de dos des pieds aux épaules, allongé sur un tapis angora; son corps traverse la toile par la diagonale sud-ouest nord-est, le galbe de ces fesses ne permet pas de déterminer l'âge du modèle.

Que cette peinture ait été affichée dans le bureau de mon patron, soit, les goûts en art se discutent jusqu'à un certain point. Mais voir cette peinture chaque fois que je soulève mon train de mon siège a de quoi inquiéter. Sans parler des sourires que l'on me jette lorsqu'on aperçoit mon malaise.

Et dire que c'est la meilleure boîte, paraît-il, pour mettre en pratique mes talents.

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samedi 23 janvier 2010

Le Baiser

Me laver. Heureusement la douche fonctionne encore et je peux me la faire gicler en plein visage pour tenter d'enligner mes pensées. Il faut penser vite, me décrasser, défaire les noeuds dans ma chevelure-spaghetti de gueuse (allez estime-toi bordel tu n'as rien d'une traînée!), me toucher aussi, on ne me touche plus, c'est lamentable.

Ce qui reste de savon: un truc brunâtre que quelques cafards s'arrachent; je laisse l'eau couler sur mon dos, au creux de mes reins et je laisse les bestioles à leur collation. J'ai en tête l'air hébété de Dounia, cette voix de baryton qui résonne en arrière-pensée (ce rire gras), puis je me rappelle un détail, insignifiant peut-être.

J'arrête la douche et je me précipite, nue, vers Dounia.

Ses viscères s'étalent en périphérie de son ventre, un sang bourgogne, presque noir, s'en déverse, et se répand à vitesse réduite et stable de part et d'autre de la victime gisante. Il lui reste, semble-t-il, un dernier souffle: «... le...».

Je me précipite à ses lèvres que j'embrasse pour leur donner une extension de vie; elle se ravive, ses yeux s'illuminent comme ceux d'un loup s'écarquillent alors qu'un véhicule utilitaire sport s'apprête à le happer.

«... le... jour...»

Ses yeux se figent, ce qui annonce son départ définitif.

Je commence à avoir froid. J'arrive trop tard.

Je détourne les yeux de son visage après avoir fermé ses paupières, mon regard se dirige vers son opulente poitrine qui montre quelques repousses de poils ici et là. Dans le soutien-gorge en dentelle noir de Doumia, quelque chose m'alerte. Un bout de page déchirée.

J'y lis Journal de Jimmy Jones, jour 2.

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jeudi 21 janvier 2010

Journal de Jimmy Jones, jour 1

J'essaie d'écrire les premières lignes de mon histoire, Jimmy Jones, employé modeste chez une Compagnie internationale importante inc. (C3I), entreprise que j'appelle "ma tanière" depuis que Charlie Wang m'a mis en contact avec son PDG, Sam Fox. Mais tout ce que je ressens en ce moment, c'est l'érection dans mon pantalon et l'incapacité patente, à moins d'une imagination débridée, d'y remédier décemment.

Un désir étrange m'envahit alors que je retrace mon périple depuis ce premier jour où j'en vins aux prises avec :
  • une secrétaire obèse et malodorante
  • un technicien en informatique soul mais sympathique
  • un vice-président grivois mais bon enfant
  • une directrice racolleuse mais sexy pour son âge
  • une lesbienne au goût d'ecstacy qui me rappelait une agente de télémarketing peu locace mais ô combien entreprenante
Tous ces personnages déambulent dans ma tête pendant que l'érection fait son chemin et tente de défaire ma braguette.

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mardi 12 janvier 2010

Le Cinéma Moon

Le cinéma Moon faisait partie du quartier peu fréquentable qu'est le Carré aux loups. L'origine étrange de son nom se perd dans la nuit, les dédales somptueux de ses ruelles l'illuminant pauvrement. Au début du XXe siècle, des attaques supposément lycanthropes avaient provoqué un exode vers des quartiers jugés plus sain comme l'Inside City (que les Américains ont tôt fait de saccager).

C'est là, au cinéma Moon, que je regardais des vieux films de Bogart pour oublier le sort de ma famille, anéantie par Sam Fox. Heureusement, Rex s'assurait de garder le flot de mes boissons à taux régulier, ce qui m'empêchait de sombrer dans une vacuité d'esprit et de moeurs légères.

C'est là que j'aurais pu rencontré cette jeune dame.

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Pour l'histoire complète de Jimmy Jones, visitez son blogue ou lisez toute l'histoire sur Kaosopolis.

samedi 2 janvier 2010

Mon passé de poète n'intéresse personne

Même si je suis nouveau à Kaosopolis, il semble que les rumeurs à mon sujet courent plus vite qu'un sprinter jamaïcain. Voilà pourquoi j'aimerais mettre certaines choses au clair:

Les Conversations entre gens de bonne compagnie sont constituées de plusieurs poèmes qui auraient été transmis par l'OBNI, l'être rêveur, à un scribe dont on ignore le nom. Je n'ai donc rien à voir avec le poème Et les enfants se ruaient sur ses plaies heureuses ouvrez grand vos bouches mères malheureuses, comme le prétend L'Écrivain.

Je n'accepterai pas qu'on m'attribue des poèmes alors qu'ils ont pour source la conscience supérieure.

Afin d'assurer ma sécurité et de redorer ma réputation, j'ai dû appliquer quelques principes coercitifs que je n'envisageais pas jusqu'alors:

J'ai dû faire appel aux services d'un tueur à gages pour vous convaincre de cesser de me harceler ainsi.

Les Conversations entre gens de bonne compagnie ne sont pas à prendre à la légère.

Un certain Ardberg vous contactera sous peu.

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Pour lire toute l'histoire de Jimmy Jones, visitez son blog ou lisez-la directement sur Kaosopolis.

mercredi 23 décembre 2009

Un poème

Hier soir, j'ai posé quelques questions à Charly Wang sur son associé Jimmy Jones. Le propriétaire du White Swan a souri et a murmuré qu'on y était, puisqu'on y tenait, qu'il allait nous montrer quelque chose.
Et il a quitté le bar de l'hôtel. Et j'en ai profité pour me resservir un verre de rhum, un Havana Club quinze ans d'âge qu'il avait ouvert pour l'occasion. Charly Wang sait s'adapter à ses invités. Ses relations d'affaires peuvent savourer le meilleur bourbon de N.D.Lay et il arrose ses repas avec ses amis de Little China d'un baijiu réservé dans leur pays d'origine , aux cadres du parti. Je n'ai jamais su ce qu'il préférait réellement.
Il est revenu quelques minutes plus tard avec un vieux numéro de Poetry: "Saviez-vous que ce monsieur Jones fut jadis un jeune poète prometteur."

J'ai pris la revue. Le poème de Jimmy Jones était bien dans la veine de cette école de N.D.Lay, fortement imprégné de substances de synthèse de toutes sortes. Il s'intitulait :
Et
les enfants se ruaient sur ses plaies heureuses ouvrez grand vos bouches mères malheureuses.
"Ce Jimmy Jones est décidément très surprenant" que me dit Charly Wang. Là, pour la première, j'ai lu dans ses yeux , lui toujours si clairvoyant, quelque chose qui ressemblait à de la perplexité.

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Lire l'intégralité de l'histoire en cliquant sur N.D.Lay ou sur le blog Ma vie à N.D.Lay (journal de l'Ecrivain)

mercredi 16 décembre 2009

L'élection

L'Inside city est un quartier de côté. Charly Wang cherche à y fédérer les énergies. C'est écrit dans son programme pour l'élection des représentants au comité d'arrondissement.

Depuis plusieurs mois il sillonne les ilots délabrés de Main Street et d'Illegal Boulevard.

La population de l'Inside est presque exclusivement composée de petits blancs à l'accent cockney et de latinos férus d'informatique. Elle se méfie de ce chinois que chacun soupçonne d'être un espion à la solde de Pékin.

Le propriétaire du White Swan accueille cette accusation avec un léger sourire. Tous mes compatriotes ont été un jour ou l'autre collaborateurs du Guoanbu. C'est ce qu'il répond.

Jimmy Jones l'accompagne dans tous ses déplacements. Personne ne connait vraiment son rôle dans cette histoire et personne d'ailleurs ne semble s'en soucier. Quant à moi, je suis l'étranger de service. Cette position me va comme un gant.

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Lire l'intégralité de l'histoire en cliquant sur N.D.Lay ou sur le blog Ma vie à N.D.Lay (journal de l'Ecrivain)

jeudi 10 décembre 2009

Jimmy Jones

L'Inside City est un quartier à faire. Un no man's land avec un "fort potentiel de développement" comme le dit Charly Wang. Lui-même s'y emploie. Avec une de ses relations , un certain Jimmy Jones, il a ouvert une alimentation spécialisée dans le tout venant. Pour ma part, je m'y approvisionne en boisson gazeuse et en chocolat noir. Pour le reste, je cantine à l'International Spy Foundation. J'y suis gardien de nuit.

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Lire l'intégralité de l'histoire en cliquant sur N.D.Lay ou sur le blog Ma vie à N.D.Lay (journal de l'Ecrivain)